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mini-kissc0ol

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Bienvenue dans un monde où Indiana Jones était cultivateur de tomates, et Dark Vador sucrait des cafés dans un bar miteux du fin fond de la Creuse...

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Quelle folie que la vie.

Quelle folie que la vie.

On se dit qu'on a le temps. Qu'on aura tout le temps nécessaire. Alors on ne se presse pas. Et très vite, trop vite, il nous rattrape et nous passe devant avec un air narquois. On tente de le saisir mais cet enfoiré nous coule entre les doigts, et avant qu'on ait réalisé, il est déjà bien loin. On maudit sa propre inactivité et on abhorre son insouciance. Restent les regrets. On voulait faire tant de choses, grandes et petites. Alors on se dit qu'au moins cela nous aura servi de leçon et qu'on ne s'y laissera plus prendre. En vain. Le temps continue de passer et l'on a l'air totalement immobile. Ça n'en tétanise que davantage. On accumule d'autres regrets. Petit à petit, on en vient très vite à ne plus penser qu'à lui, à ses effets et aux conséquences. Encore des regrets. On aimerait bien avoir un supplément parfois, juste une fois ou deux. Mais c'est impossible, donc on va de l'avant, encore. Toujours. Et les choses se répètent. Le cycle continue sa course, cela devient une routine, dans certains cas, un rituel.
On rêve de ce temps imaginaire, d'un temps qu'on n'aura jamais. Mais il nous fait avancer et, de toute manière, on ne peut s'empêcher de l'imaginer. On pense être dans une bulle à l'élasticité mal définie, oubliant complètement qu'elle est éphémère, si fragile qu'elle peut éclater sans crier gare, à la moindre tentative de dilatation. Qu'importe. On ne va pas se laisser faire à ce point. « Il avance, et on s'occupe dans son coin ». On a le temps, ici, avec nous. Alors pourquoi ne pas faire avec, sciemment ? Composer avec lui? Peut-être parce qu'il joue toujours à son rythme, ce vil connard. Ça énerve, et on n'y peut rien. Ça énerve, et on n'y peut rien. Les regrets, ces fantômes qu'il laisse dans ses pas, reviennent nous hanter. On apprend à les accepter. Par contrainte plus que par choix, en vérité. Mais on les accepte tant bien que mal, en attendant le jour où ils nous boufferont entièrement, si puissants que tout s'écroulera avec violence et passivité. D'ici là, on continue presque inlassablement à répéter la litanie, qui a fini par devenir quasiment rassurante de familiarité. Ce n'est pas une spirale, c'est un cercle parfait. La spirale est tout autre, et on s'en fout. Elle ne nous atteint pas – encore, quand ce sera le cas, ce sera trop tard – et on garde les yeux fixés sur le cercle. Toujours plongé dans ce rêve, on garde du temps de côté. Pour quoi faire ? Rien. Et on n'en sait rien, mais on s'en fout aussi. Finalement, on voit qu'on ne tenait pas la distance, car après nous avoir filé entre les doigts, le salopard est maintenant hors de portée.
On a le temps. Mais on ne sait jamais combien. Alors pour se consoler, on compte ses regrets, sous les décombres d'une folie qu'ils ont causée.

Image : hanaosutarou
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#Posté le samedi 19 mars 2011 19:56

La saveur des jours de pluie.

Alors qu'elle est trempée jusqu'à l'os, ses vêtements mouillés de ses sentiments lui collent à la peau.
Elle se tient sous la pluie, courbée, en face de lui, ayant couru après lui pour lui dire la vague qui agite son c½ur et son esprit.
Elle l'asperge, l'éclabousse et il se retrouve lui aussi trempé sous ces flots.
Ses sentiments l'ont inondé avec la force d'un raz de marée ; elle attend, anxieuse et n'osant bouger, que l'eau se retire, que la vague passe ; que reste-t-il après son passage ?

La pluie berce cet instant de silence et l'emplit de ses paroles liquides.
Les gouttes leur battent les tempes et coulent sur leurs joues ; elles parent leurs yeux fixes, les uns plongés dans les autres.
Cette pluie parle à leur place, bouge à leur place. Les gouttes larmoyantes coulent, le long du menton, et tombent sur la chemise déjà imbibée.
Les flaques débordent, éclaboussent, et se mélangent.

Les cheveux collés au visage, détrempés, le souffle haletant, elle attend, tend le cou vers lui, s'approche pas à pas et se tient là ; elle serre sa chemise, le front contre sa poitrine.
Il lui caresse les cheveux, car elle est belle ainsi ; il tient son visage, son menton fin, dans ses mains profondes.


La pluie tient le rythme pour ces deux c½urs aux battements synchrones.


Elle lui hurle un « je t'aime » sous le battement liquide ; il se retourne, accompagnant le mouvement d'un « et moi aussi ; c'est pour ça que je pars sous la pluie » en souriant, les larmes balayées par des cons½urs aqueuses.
Le cri déchirant son c½ur englouti sous les flots, accompagné par la pluie, est noyé sous l'ondée.


« When they cry »
— Quand les hurlements pleurent —



*Image : Onigunsou.
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#Posté le dimanche 02 mai 2010 15:56

2010 : Odyssée deux

Nouvelle année. La continuation d'une droite qui n'a, par définition, pas de limite. C'est un passage qui se fait en douceur, de manière subtile et imperceptible. Et pourtant les changements à venir ainsi appelés et provoqués se feront en profondeur. Ce changement est une subtilité qui s'effectue dans l'essence des choses, ces dernières se structurant ou se restructurant ainsi sur des bases nouvelles sans qu'elles en fussent nécessairement conscientes. Le passage du Temps est généralement une continuité sans aspérités, il coule de façon douce, régulière et inlassable.
Contre toute attente, à ce moment précis, il semble y avoir un heurt dans son flot. Le seul. Et comme pour marquer le coup, nous le mettons en exergue, nous fêtons cette petite imperfection artificielle, nous modifions des parties de notre paradigme.
Le Temps est excellent coureur mais sa subtilité nous embrume. Nous sommes toujours à la traîne derrière lui, nous n'arrivons pas à les suivre, lui et son pas régulier. Alors nous compensons, non pas en suivant la régularité mais en observant sa course après un certain temps. Et nous constatons. Nous constatons qu'il est mystérieux, son pas régulier, mystérieusement subtil. C'est pour ça que l'on doit attendre. Attendre qu'un pas subtil s'ajoute à un autre pas subtil qui s'ajoute à d'autres pas tout aussi subtils.
Nous sommes émerveillés par tant de délicatesse dans une course si effrénée, pourtant si violente. Mais subtile. Le Temps , dont nous sommes les captifs, nous captive. Il y a là une cruelle contradiction, si magnifiquement tragique. Car dans notre poursuite de sa course, nous finirons par sombrer, épuisés d'avoir joué le jeu.
Le Temps est bon coureur, mais ce félon est un tricheur.

Et dans mon constat d'observateur dépassé par une idiosyncrasie excellemment subtile, je vous souhaite une heureuse nouvelle année.
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#Posté le samedi 02 janvier 2010 03:12

Modifié le jeudi 27 mai 2010 05:12

Lune à tic

**
La nuit a toujours été pour moi une ambiance particulière, surtout grâce à la lumière de la lune. L'atmosphère s'imprègne de quelque chose de si indescriptible, à peine perceptible. On sait que c'est là mais sans savoir où ni quoi. La nuit se teinte d'une certaine magie dans ces conditions. C'est pour cela que j'aime sortir la nuit. Les nuits où il a plu, les nuits sous la pluie, les nuits désertes près d'une forêt ; une ambiance solitaire et intime, en tête à tête avec la lune. La lune, figure pâle et magistrale ; cette lune est pour moi une mère, une amie, une femme. Toutes à la fois, et toutefois aucune. La Lune est un miroir ; mon miroir. Grâce à Elle, je peux me parler et me voir intérieurement, sans mot dire. Il suffit que je la regarde en face, que je la fixe, et alors je me sens bien. Je n'ai pas besoin de penser, la simple observation suffit à me renvoyer des réponses. Histoires sans paroles. J'adore passionnément ces dialogues muets, ou sourds, je ne sais plus à force, bien qu'ils se fassent rares en fait. Chacun est d'une intensité incroyable, chacun est un bienfait indicible et j'ai peur d'en diminuer l'intensité en les faisant plus fréquents. Cette absence de routine exceptionnelle me donne une incroyable fraîcheur d'esprit, une quiétude intérieure profonde. Parfois des pensées sombres se glissent parmi les ombres jusqu'à moi, mais je les reçois de manière neutre, même les plus sombres d'entre elles. Même la constatation que la lumière que j'appréciais tant n'était que celle d'un réverbère ne m'a pas mis en ébullition. Elle a détruit un bout de mon univers, et planté quelques questions et constatations. Est-ce vraiment cette lumière que j'aime, ou une autre qui lui ressemble ? Car celle-ci me plonge dans l'artifice. Je me sens au milieu d'une maquette éclairée par des tubes. Si ce n'est pas celle-là, laquelle est-ce ? Qu'importe, même cet artifice me convient ; il n'est pas si déplaisant. Mais la prochaine fois, c'est Sa lumière que je voudrais voir éclairer cette portion de route mouillée sur laquelle je me suis assis en écoutant de la musique, sur laquelle j'ai marché sans me soucier de rien. C'est Sa lumière qui me fait du bien, et je sais qu'Elle sera toujours là pour moi, toujours là pour me voir, toujours là pour que je la regarde.
Cette nuit, je suis sorti sous la pluie, j'ai regardé la Lune et j'ai souri, puis j'ai dit : « Je t'aime, tu sais ? » ; elle m'a dit « Oui, moi aussi ».


*
Lune à tic
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#Posté le lundi 21 décembre 2009 18:13

Modifié le samedi 19 mars 2011 20:00

« C'est insupportable d'avoir des certitudes ! »

La futilité des vaines préoccupations quotidiennes sur un futur incertain.

— Des affiches qui se veulent accrocheuses là où elles sont peu crédibles. Un être humain affichant à la fois une féminité exagérée, façon bonnet double D, et une virilité exacerbée, la haine et le courage renforcés par la tension musculaire de bras tenant une hache. Dans quel monde vit-on ?

— Monde où tout semble n'être qu'une superposition de calques. Tous se croisent, personne ne se calcule. Chacun perdu dans sa propre bulle, en espérant ne pas trop croiser celles des autres. Une lutte « acharnée » dans un combat décharné pour préserver son individualisme et fuir autant que possible ce qui pourrait ajouter un peu de couleur à ce gris terne et monotone, auquel se mêle un vert noirâtre aussi glauque que possible. Est-ce ça, la vie ?

— Pourquoi tout le monde se regarde de travers ? Méfiance et paranoïa, à tous les coins de rue. Est-ce que ça sert à quelque chose ? Quel intérêt, si ce n'est que de se pourrir un peu plus le moment présent ? J'ignore pourquoi cette attitude.

— Un SDF fait la promotion de catalogues de restaurants. Hypocrisie de notre société, puisqu'il n'ira jamais ailleurs que dans un Franprix acheter du "premier besoin", qui ne cesse d'augmenter d'ailleurs. Je lui ai donné 60 centimes, juste pour exacerber cette furieuse contradiction. Un pauvre qui vient faire vivre les riches. Le monde à l'envers. Mais il est sans queue ni tête, et ce, depuis longtemps. Le dieu Argent a pris racine dans le c½ur des hommes, et a supplanté la raison et l'humanité. De la chair pourrissant avant même d'être inerte. Même, nous ne méritons pas le statut de bêtes ou d'animaux.

— Tant de regards biaisés. Surtout, ne pas croiser les regards. Dangereuse confrontation que la mise en face-à-face de deux personnalités. Un miroir tendu vers soi, vers sa condition et sa misère. On ferme les yeux, on feint le sommeil. On se complaît à nier l'atrocité de ce rêve. Se voiler la face. Nous sommes des lâches. Triste constat, non ?

— Mépris. Pitié. Que sais-je... Je ne cherche pas la signification de ces yeux tournés vers moi. Seulement tournés ? Peut-être fixés dans le vide, dans ma direction, avec la tristesse caractéristique d'une réflexion "profonde", peut-être même métaphysique. Ou simplement du style « Je vais arriver à l'heure ? J'vais pas me faire virer ? » Beaucoup trop de vide, de doute et de chaos dans le c½ur des hommes.

— « Soyez libres et égaux ! » Tel est l'ordre, déguisé sous la façade des termes "liberté" et "égalité". Nous laisse-t-on réellement le choix ?

— Ça te sert à quoi de regarder si le métro est là ? T'es encore dans les escaliers alors ne te speed pas, tu l'aurais jamais eu, de toute façon. « Time is money », mon cul. On n'achète pas le temps, bien que le temps perdu ait une valeur incommensurable. Mais a posteriori, donc trop tard, hélas.

— Que d'appréhension envers quelqu'un qui écrit ! Ce ne sont que des suites de mots, véhiculant un semblant d'idée... Je suis perplexe, à vrai dire. Cette curiosité m'intrigue quelque peu.
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#Posté le lundi 21 décembre 2009 17:47

Modifié le dimanche 21 février 2010 11:53

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